9/24/2004
La monnaie, j'aime ça ! Les billets verts, aussi !
Aujourd'hui, contrairement à la semaine dernière, plusieurs choses à raconter, et on peut parler de deux clients du jour.
Le premier, trop bon payeur : à une caisse "- 10 articles", les clients font la queue de manière dense, chacun a déposé ses quelques articles sur le tapis ; il y a 7 ou 8 clients dans la file d'attente, quand arrive mon client n°1. Il a 3 ou 4 produits, pour un montant de 9 Euros et quelque. Et il sort un sac plastique qu'il dépose devant moi pour payer.
J'ouvre et SURPRISE ! des pièces, que dis-je des piécettes, des tas de piécettes. Il y a des pièces rouges, en cuivre (1,2 et 5 cents d'euro) et de (trop) rares pièces jaunes (10,20 et 50 cents). Accablée, en regardant la longueur de la file d'attente, je pense à le croire sur parole, et à ne pas douter de sa bonne foi et à tout empocher.
Mais le client attend manifestement que je compte (et lui rende, le cas échéant, la monnaie). Alors, lentement, sans me démonter, sans sourire, ni râler, j'entreprends de compter le contenu du sac aux millle pièces.
Je sors au fur et à mesure des pièces que j'empile et compte, 10 cent par 10 cent, euro par euro (en demandant confirmation au client à chaque fois) les euros. On arrive à 8,98 Euros. Etant donné le montant de ses courses, je lui rends les quelques centimes en trop (pour tomber au cent juste) et il me donne les 1,50 Euros qui manquent. Ticket, au revoir, bonne soirée.
Et puis, vient le client suivant.
Avec un sourire et un mot de rigueur, je m'excuse et range poignées par poignées le tas de pièces qui trône sur mon scanner.
Dans les clients qui suivent, j'ai entendu des remarques du type : "j'aimerais pas qu'on me fasse ça", "ouaah, il y avait que des centimes". Bref, les clients compatissaient.
Si c'est votre fanstasme de payer en mini-monnaie, sachez que ça a déjà été fait. Que pour vous, c'est peut-être vachement marrant de voir la caissière tout compter, mais elle fait ça toute la journée...alors...c'est pas traumatisant, et elle est obligée de compter, il lui faut savoir combien elle met dans sa caisse, et ceux qui vous maudissent sont les clients qui attendent.
Le second client du jour, trop méprisant et moi, trop énervée.
Je ne suis pas très patiente, surtout quand un enfant piaille, quand le bruit de fond est fort, quand j'attends ma pause, enfin, je m'efforce de sourire et d'être aimable autant que je peux.
Mais ce soir là, j'étais un peu à deux de tension après ma rude journée.
Le client achète pour un montant d'environ 75,00 Euros, il me paie avec un billet de 100 Euros. La règle est "on fait contrôler par un gars de la Sécurité les billets de 100 et 200 Euros". Les clients en sont souvent mécontents, car, pour la plupart, ils obtiennent ces billets de leur banque et ne doutent pas de leur véracité.
J'explique toujours au client ce que je suis en train de faire, et je les préviens que je dois vérifier leur billet vert.
Il me tend le billet vingt secondes après le passage (ronde de routine) du vigile, j'appelle alors le vigile par le bouton correspondant, puis je téléphone, alors que le client rouspète. Le fait est habituel. Mais cette fois ci, le client me dit : "Comment ? Vous le faites contrôler ? Vous devriez savoir s'il est vrai ou faux ! Vous en touchez tellement"
S'ensuit alors un dialogue, car je réplique :
"- Je n'ai pas envie de me faire virer à cause d'un billet non vérifié dans ma caisse
- Vous devriez sentir, si c'est un faux. Vous en touchez tout le temps.
- Non, je n'ai jamais touché de faux, comment je pourrais faire la différence ?
- Mais moi, je dois me taper l'affiche ! On vérifie mon billet.
- C'est obligatoire."
Le vigile arrive. Il contrôle le billet.
"- C'est bon dites lui que c'est un vrai." A moi : "Mais franchement vous en touchez tous les jours, vous devriez pouvoir le sentir si c'est un faux !
- Vous croyez que je viens ici tous les jours ? Que j'ai pas de vie en dehors de Carrefour ?"
Bon je me suis reprise, mais pas excusée.
"Ce n'est pas de votre faute, voici votre monnaie. Au revoir."
Cette anecdote, où j'ai été un peu incorrecte (le vigile est revenu me demander si le client m'aggressait, alors que c'était moi qui aggressait le client :-), montre que les caissières aussi sont humaines, et sont susceptibles.
Et je ne suis pas forcément fière d'être caissière mais surtout j'en ai assez du peu d'estime de certains clients.
Le premier, trop bon payeur : à une caisse "- 10 articles", les clients font la queue de manière dense, chacun a déposé ses quelques articles sur le tapis ; il y a 7 ou 8 clients dans la file d'attente, quand arrive mon client n°1. Il a 3 ou 4 produits, pour un montant de 9 Euros et quelque. Et il sort un sac plastique qu'il dépose devant moi pour payer.
J'ouvre et SURPRISE ! des pièces, que dis-je des piécettes, des tas de piécettes. Il y a des pièces rouges, en cuivre (1,2 et 5 cents d'euro) et de (trop) rares pièces jaunes (10,20 et 50 cents). Accablée, en regardant la longueur de la file d'attente, je pense à le croire sur parole, et à ne pas douter de sa bonne foi et à tout empocher.
Mais le client attend manifestement que je compte (et lui rende, le cas échéant, la monnaie). Alors, lentement, sans me démonter, sans sourire, ni râler, j'entreprends de compter le contenu du sac aux millle pièces.
Je sors au fur et à mesure des pièces que j'empile et compte, 10 cent par 10 cent, euro par euro (en demandant confirmation au client à chaque fois) les euros. On arrive à 8,98 Euros. Etant donné le montant de ses courses, je lui rends les quelques centimes en trop (pour tomber au cent juste) et il me donne les 1,50 Euros qui manquent. Ticket, au revoir, bonne soirée.
Et puis, vient le client suivant.
Avec un sourire et un mot de rigueur, je m'excuse et range poignées par poignées le tas de pièces qui trône sur mon scanner.
Dans les clients qui suivent, j'ai entendu des remarques du type : "j'aimerais pas qu'on me fasse ça", "ouaah, il y avait que des centimes". Bref, les clients compatissaient.
Si c'est votre fanstasme de payer en mini-monnaie, sachez que ça a déjà été fait. Que pour vous, c'est peut-être vachement marrant de voir la caissière tout compter, mais elle fait ça toute la journée...alors...c'est pas traumatisant, et elle est obligée de compter, il lui faut savoir combien elle met dans sa caisse, et ceux qui vous maudissent sont les clients qui attendent.
Le second client du jour, trop méprisant et moi, trop énervée.
Je ne suis pas très patiente, surtout quand un enfant piaille, quand le bruit de fond est fort, quand j'attends ma pause, enfin, je m'efforce de sourire et d'être aimable autant que je peux.
Mais ce soir là, j'étais un peu à deux de tension après ma rude journée.
Le client achète pour un montant d'environ 75,00 Euros, il me paie avec un billet de 100 Euros. La règle est "on fait contrôler par un gars de la Sécurité les billets de 100 et 200 Euros". Les clients en sont souvent mécontents, car, pour la plupart, ils obtiennent ces billets de leur banque et ne doutent pas de leur véracité.
J'explique toujours au client ce que je suis en train de faire, et je les préviens que je dois vérifier leur billet vert.
Il me tend le billet vingt secondes après le passage (ronde de routine) du vigile, j'appelle alors le vigile par le bouton correspondant, puis je téléphone, alors que le client rouspète. Le fait est habituel. Mais cette fois ci, le client me dit : "Comment ? Vous le faites contrôler ? Vous devriez savoir s'il est vrai ou faux ! Vous en touchez tellement"
S'ensuit alors un dialogue, car je réplique :
"- Je n'ai pas envie de me faire virer à cause d'un billet non vérifié dans ma caisse
- Vous devriez sentir, si c'est un faux. Vous en touchez tout le temps.
- Non, je n'ai jamais touché de faux, comment je pourrais faire la différence ?
- Mais moi, je dois me taper l'affiche ! On vérifie mon billet.
- C'est obligatoire."
Le vigile arrive. Il contrôle le billet.
"- C'est bon dites lui que c'est un vrai." A moi : "Mais franchement vous en touchez tous les jours, vous devriez pouvoir le sentir si c'est un faux !
- Vous croyez que je viens ici tous les jours ? Que j'ai pas de vie en dehors de Carrefour ?"
Bon je me suis reprise, mais pas excusée.
"Ce n'est pas de votre faute, voici votre monnaie. Au revoir."
Cette anecdote, où j'ai été un peu incorrecte (le vigile est revenu me demander si le client m'aggressait, alors que c'était moi qui aggressait le client :-), montre que les caissières aussi sont humaines, et sont susceptibles.
Et je ne suis pas forcément fière d'être caissière mais surtout j'en ai assez du peu d'estime de certains clients.
